
Ma petite création pour vous offrir du muguet pour le 1er mai.

A Fourmies, la force armée est intervenue avec une cruauté inouïe. Les groupes du parti ouvrier de la localité avaient décidé
à l’unanimité, dans une assemblée générale, le 20 avril, de fêter le 1er mai et de faire savoir aux fabricants qu’ils cesseraient le travail, ce jour-là. Les industriels de la région, groupés dans un syndicat, décidèrent dans une réunion et affichèrent qu’au 1er mai, les ouvriers absents des ateliers seraient licenciés.
Ils avaient espéré épouvanter les ouvriers, mais ils ne purent que les exaspérer. Les plus indifférents furent pris de rage à cette menace qui les poussait à une cessation générale du travail. La quantité d’ouvriers qui ont été le 1er mai au travail fut si infime, que les fabricants durent les renvoyer chez eux.
Les ateliers se vidaient, les rues et places regorgeaient d’ouvriers en habits de fête, qui se réjouissaient du magnifique rayon de soleil. Jamais on n’avait vu circuler autant de monde. Devant une filature, il y avait un rassemblement; on y avait vu entrer des ouvriers et on saluait les jaunes de coups de sifflets et de cris de lâches et de traîtres.
Ce fut le prétexte cherché pour l’intervention de la force armée. La gendarmerie attaqua la foule et procéda à de nombreuses arrestations. L’après-midi, arriva une troupe de jeunes gens, de femmes et d’enfants, en chantant sur cette même place et exigeant la libération des emprisonnés. Alors, les soldats, sans avoir été provoqués par la foule, sans avoir fait les trois sommations réglementaires, tirèrent. La boucherie aurait duré encore longtemps si le curé catholique Margerin, n’était pas sorti de la maison et n’avait pas crié : ” Assez de victimes “. Neuf enfants étaient couchés sur la place, un homme de 30 ans, 2 jeunes gens de 20 ans, 2 enfants de 11 et 12 ans et quatre jeunes filles de 17 à 20 ans.
Une de ces dernières tenait un rameau dans la main, elle accompagnait son fiancé, portant un chapeau qui fut traversé par une balle. C’était la première fois que le fusil Lebel et la poudre sans fumée étaient essayés, et les deux avaient fait merveille.
Un cri de terreur retentit dans toute la France à la nouvelle de cette terrible boucherie de gens pacifiques, qui n’avaient en rien troublé ” l’ordre “.
Constant en était tout pétrifié. Lui qui se présentait avec cynisme devant la Chambre, ne laissa pas échapper un mot de regret. Oranger et Rocher purent l’appeler souvent ” Assassin ! “
On chercha à décharger sur Constant seul la responsabilité du crime de Fourmies, mais les ouvriers ne se laissèrent pas tromper. Ils savaient bien que derrière Constant, se cachaient les officiers exécuteurs des volontés de la classe capitaliste, comme aussi les fabricants, leurs mandataires même et conseillers municipaux, qui appelèrent l’armée et lancèrent les soldats et officiers contre les ouvriers.
La population ouvrière de Fourmies, siffla le 195e régiment qui avait participé à la tuerie et appela les soldats : ” Assassins ! ” Le 84e régiment fut accueilli par des applaudissements car ses sous-officiers s’étaient refusés à faire feu sur la foule. Un soldat du 145e refusa de tirer; l’officier, revolver au poing, le jeta par terre. ” Je vois ma mère dans la foule “, réplique le soldat.
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Titre : Fourmies. Mai 1891. Cantonnement militaire. Grand-Place.
Auteur : Louis PERRON (1823-1870)
Date de création : 1891
Date représentée : 1 ermai 1891
Dimensions : Hauteur 16 cm - Largeur 21 cm
Technique et autres indications : photographie
Lieu de Conservation : Ecomusée de la région de Fourmies-Trélon (Fourmies) ; site web
Contact copyright : Service audiovisuel- Ecomusée de la Fourmies-Trélon, Place Maria Blondeau, BP 65. 59612 Fourmies Cedex. Tél: 03-27-60-66-11 / Fax : 03.27.60.88.88 ;
Je me demandais ce que j'allais écrire cette année sur le 1er mai. J'avais d'abord pensé à publier les paroles d'une chanson que maman nous chantait " TOUT CA PARC'QU'AU BOIS D'CHAVILLE" dont l'auteur est Pierre Destailles et le compositeur Claude Rolland. Cette bluette raconte l'après-midi d'amour d'un jeune couple parti cueillir du muguet au bois de Chaville et qui, neuf mois après, ont un bébé auquel est dédiée cette chanson qui, finalement, ne promet pas un avenir bien gai à ce charmant bambin.
Quant à parler d'avenir pas très gai, j'ai préféré me fier à l'idée qui m'est venue de parler d'un évènement historique dont on ne parle presque plus et qui pourtant a eu des conséquences dramatiques en son temps. Il s'agit du 1er mai 1891 à Fourmies dans le Nord.
Pourquoi Fourmies ? Parce que ma maman était "Ch'ti" née à Wignehies et que dans sa jeunesse elle avait travaillé dans une filature de Wignehies, les établissements Boussus.
Bien sûr elle n'a pas connu ces évènements, mais sans aucun doute, ses grands-parents ont dû les connaître, y ont participé ne serait-ce que parmi la foule. Je n'ai aucune certitude sur cela, mais je peux fort bien l'imaginer. Maman n'est plus là pour me dire si dans sa famille on en parlait.
Je me souviens qu'en 1995, par une journée froide et pluvieuse d'avril, en compagnie d'Alain mon beau-frère, Odette son épouse (ma soeur) et Fabien leur fils et mon neveu, nous étions allés dans le Nord faire un petit pélerinage sur les lieux où maman avait passé sa jeunesse.
Nous avions visité l'Eco-musée de Fourmies. Dans ces lieux, nous avions pu découvrir, sous forme de tableaux, ces dramatiques évènements de 1891. Je n'oublierai jamais l'accueil que nous avions reçu en ces lieux, tenus par d'anciens ouvriers reconvertis en guides et qui, avec gentillesse et compétence nous relataient la vie de travail des anciens mineurs, des anciens employés de filature dont maman avait fait partie. Cet éco-musée est plus que cela, car on plonge dans la vie laborieuse de tous ces gens. Je vous recommande vivement de visiter ces lieux si vous passez par Fourmies...
Alors c'est à tous ces gens si courageux, qui ont souffert, que je veux penser pour ce 1er mai et c'est la raison pour laquelle j'ai choisi cet extrait d'une documentation que j'ai lue sur Internet et dont je vous donne l'adresse si vous souhaitez en savoir davantage.
Je viens de découvrir sur GOOGLE, la publication de quelques pages sur les établissements BOUSSUS à Wignehies. Je ne peux pas les copier mais je vous mets le lien... Sujet très intéressant.
http://books.google.fr/books?id=64mf4VeKzb4C&pg=PA149...



Quelques vues sur les usines Boussus et sur un quartier qui me paraît appartenir à une famille...
1 -A gauche la rue François Boussus à Wignehies. 2 - Ensuite l'entrée des usines Boussus. 3- Vue aérienne (dans les années 50) - 4 - Emile Boussus (quand je pense qu'il devait être le patron de maman...)
le château des Boussus (ils ne se refusaient rien les patrons...et dire que cela n'a pas changé !!!)
